Stop à l’agri-bashing : les parlementaires s’engagent

4 février, 2019 à 3:22 Publié par

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11%. En 6 ans, la France a perdu 11% de ses exploitations agricoles, qui sont 400 000 aujourd’hui. Cette tendance lourde date de plusieurs décennies déjà, et vient achever le modèle agricole français, basé sur de petites unités familiales (25 vaches / 60 hectares). La profession est aujourd’hui en crise, durement attaquée notamment par la concurrence internationale : la France, deuxième exportateur mondial de produits agricoles et agroalimentaires en 2000, n’est plus que le sixième aujourd’hui, et sa part de marché mondial est passé de 7,7% à 4,5%. Ces chiffres se traduisent très concrètement : aujourd’hui, un agriculteur sur trois vit avec moins de 350€ par mois. Quelle autre profession est aussi marquée par les difficultés ?

Mais nos agriculteurs sont essentiels car ce sont eux qui nous nourrissent, avec des produits de qualité basés sur une traçabilité respectueuse du bien-être animal. Ils entretiennent nos territoires et façonnent nos paysages. On ne peut pourtant pas dire qu’ils reçoivent toute la reconnaissance qu’ils méritent : épuisés par une lutte perpétuelle avec une administration rigide et déconnectée de la réalité, ils sont en plus en butte à des actions violentes de militants anti-spécistes radicaux qui n’hésitent pas à attaquer des commerces de viandes ou à menacer directement les éleveurs. Dans quel but ? Certaines associations ont ainsi été financées en 2018 à hauteur de plus d’un million d’euros par des fonds américains… sans que cela n’alerte le moins du monde.

Au contraire, les agriculteurs sont sans cesse pointés du doigt, critiqués à tout bout de champ alors qu’ils sont déjà étouffés par des normes draconiennes, aggravées par un zèle franco-français en matière de surtransposition des normes européennes. Les récents débats sur le glyphosate ont aussi été un excellent prétexte pour se déchaîner contre les agriculteurs… sans connaître le moins du monde leur réalité, leurs efforts et les difficultés qu’ils traversent déjà.

Pourquoi laisser attaquer notre si beau modèle français ? De quels crimes sont coupables nos agriculteurs pour mériter une telle punition ? Qui les protège, eux, alors qu’ils sont détenteurs d’une partie de la culture, de l’esprit français ? A travers eux, c’est la France historique qui vit, celle de nos campagnes, de nos traditions, de nos ancêtres. Laisser mourir silencieusement nos agriculteurs, c’est laisser mourir une partie de la France. Alors, protégeons-les : rendons-leur une partie de ce qu’ils nous donnent.